Consentement
Qu’est-ce que le consentement?
Le consentement est une dynamique de respect et de bienveillance entre partenaires sexuels. C’est un processus continu qui commence avant la relation sexuelle et se poursuit tout au long.
C’est ta responsabilité de t’assurer que ton ou ta partenaire accepte chaque partie de la relation sexuelle et est libre d’arrêter à tout moment. Tu es aussi responsable de communiquer tes propres désirs et limites pour aider ton ou ta partenaire à respecter ton consentement.
Du coup, le consentement, ça ressemble plutôt à :
Est-ce que je peux faire CENSURÉ?
Aimerais-tu qu’on CENSURÉ?
Je peux te masser les CENSURÉ?
As-tu besoin qu’on prenne une pause?
Est-ce qu’on peut changer de position?
Tu as pas l’air de filer, aimerais-tu plutôt qu’on regarde un film?
Est-ce que je le fais de la manière que tu aimes?
Te sens-tu prête pour CENSURÉ?
Pour en savoir plus, consulte la page Désirs et limites sexuels, Communication saine et Parler de sexualité.
La méthode des couleurs
- Tu dis : couleur?
- Ton ou ta partenaire répond
- Vert, si tout va bien et on continue
- Jaune, si une petite pause ou un ajustement est nécessaire
- Rouge, s’il faut arrêter immédiatement
Comment construire le consentement?
Il est important de ne jamais tenir le consentement pour acquis! Que tu sois avec une partenaire de longue date avec qui tu as déjà eu des relations sexuelles ou avec une personne que tu viens de rencontrer dans un party qui a accepté de venir finir la soirée chez toi, le consentement a besoin d’être bâti et respecté à chaque fois.
- Établir un lien de confiance
- Sois digne de confiance et priorise les personnes en qui tu as confiance comme partenaires sexuels. Si tu crois que ton ou ta partenaire veut ton bien et te respecte, ce sera plus facile de communiquer tes désirs et tes limites avec elle.
- Assurer une bonne communication et compréhension
- Exprime-toi avec franchise et encourage ton ou ta partenaire à faire de même. Tu peux en apprendre plus sur la page Communication saine.
- Porte attention à la communication non verbale : C’est toujours mieux d’utiliser ses mots pour s’assurer d’être compris. Toutefois, ne tiens pas pour acquis que ton ou ta partenaire est à l’aise de te dire tout haut ce qu’elle pense ou ressent. S’il ou elle semble inconfortable, triste, fâchée, ou même désengagée, prends une pause pour lui demander ce qui ne va pas. Si tu as le moindre doute qu’il ou elle ne soit pas consentante, mets fin à la relation sexuelle avec respect et bienveillance.
- Faciliter la négociation
- C’est très possible que tes désirs et tes capacités ne concordent pas totalement avec les désirs et les capacités de l’autre personne. C’est normal! On appelle négociation le processus continu d’exprimer l’un à l’autre ce qu’on veut, et accepter, refuser ou proposer une alternative selon nos propres désirs et capacités, tout au long de la relation sexuelle.
- Exemple d’accepter : Tu demandes à ta blonde si tu peux l’embrasser, elle dit oui, vous vous embrassez.
- Exemple de refuser : Vous êtes en train de vous embrasser, elle demande si tu veux qu’elle te fasse une fellation. Tu n’es pas à l’aise donc tu dis « Non, pas aujourd’hui », elle respecte ton choix vous continuez à vous embrasser.
- Exemple de proposer une alternative : Tu proposes « Mais moi je pourrais te faire un cunni? ». Elle répond « Je préfère que tu y ailles juste avec tes doigts », tu acceptes.
- C’est très possible que tes désirs et tes capacités ne concordent pas totalement avec les désirs et les capacités de l’autre personne. C’est normal! On appelle négociation le processus continu d’exprimer l’un à l’autre ce qu’on veut, et accepter, refuser ou proposer une alternative selon nos propres désirs et capacités, tout au long de la relation sexuelle.
- Comprendre et minimiser les risques
- Toutes sortes d’imprévus peuvent arriver avant, pendant ou après une relation sexuelle. C’est ta responsabilité et celle de ton ou ta partenaire de diminuer ces risques au maximum. Pour en savoir plus, consulte les pages Comprendre les risques et Si quelque chose arrive.
- Avoir des mécanismes de sortie
- Pour que le consentement soit continu, il faut aussi qu’il y ait une façon sécuritaire et respectueuse de mettre fin à la relation sexuelle. Détermine avec ton partenaire quelle sera la meilleure façon de communiquer le besoin d’arrêter, que ce soit la méthode des couleurs, un mot de sécurité, ou simplement une phrase ou un geste. Pour te préparer à bien accueillir un besoin d’arrêter, consulte la page Si quelque chose arrive.
- Éviter les activités déshumanisantes
- Rappelle-toi que ton ou ta partenaire est une personne à part entière qui mérite respect et dignité. Évite de la traiter comme un objet ou de l’humilier.
- Si vous choisissez de jouer des jeux de rôles ou de faire des activités qui semblent déshumanisantes (par ex., faire semblant d’être un chien et son maître), mettez plus d’effort sur les autres éléments de cette liste pour vous assurer que le consentement est solide.
- Limiter les influences extérieures
- Si toi ou ton ou ta partenaire ressentez de la pression d’autres personnes à avoir des relations sexuelles (amis, communautés, culture populaire, etc.), il peut être difficile d’évaluer votre consentement. Dans le doute, c’est toujours mieux de remettre ça à un autre moment pour se donner le temps de faire un choix éclairé. Pour en savoir plus, consulte la page Influences extérieures.
Si certaines sont difficiles à mettre en application, tu peux compenser en mettant plus d’efforts sur les autres. Par exemple, si le lien de confiance n’est pas bien établi, une bonne communication et des mécanismes de sortie solides vont t’aider à bâtir le consentement avec ton ou ta partenaire. Si tu t’inquiètes que ce que vous faites soit déshumanisant, avoir un bon lien de confiance et prendre le temps de bien négocier peut aider à compenser.
Toutes les personnes impliquées sont responsables de bâtir ensemble le consentement et de respecter les limites des autres.
Pour en savoir plus, consulte les pages Communication saine, Comprendre les risques, Parler de sexualité et Si quelque chose arrive.
Être en mesure de choisir
Le consentement est seulement valide si toutes les personnes impliquées sont en mesure de choisir librement. Si une personne n’est pas en mesure de choisir, elle est à la fois plus à risque de vivre de la violence, mais aussi plus à risque d’adopter des comportements violents.
On est en mesure de choisir si :
- Le choix n’est pas manipulé par une autre personne. Il est fait sans pression ou menaces. Il n’y aura pas de conséquences négatives si la personne refuse.
- La personne comprend bien la situation et les risques qui y sont reliés. Elle est en âge de consentir, complètement éveillée et en possession de ses moyens, et elle n’est pas sous l’influence de substances qui altèrent son jugement.
- La personne désire ou est en accord avec ce qui est proposé. Elle le fait parce que ce sera une expérience positive pour elle.
Voici quelques exemples qui font en sorte qu’une personne est, ou non, en mesure de consentir :
Capable de consentir
- Une personne qui a consommé de l’alcool et qui continue à participer pleinement aux conversations, offrant ses opinions et considérant ceux des autres personnes
- Une personne qui est réveillée et énergétique
- Quelqu’un qui est de bonne humeur
Pas capable de consentir
- Une personne qui a bu au point de ne plus être capable de faire des phrases cohérentes et n’agit pas comme elle agit habituellement
- Une personne qui dort ou qui est sur le point de s’endormir
- Quelqu’un qui vient juste de se faire domper par son chum et qui est très émotionnel
Avant d’avoir une relation sexuelle
Tu es responsable de t’assurer que ton ou ta partenaire et toi-même êtes en mesure de consentir. Si ce n’est pas le cas, remettez ça à un autre moment où vous aurez votre pleine capacité de choisir.
Âge de consentement à des activités de nature sexuelle au Canada
| 12 ans | 13 ans | 14 ans | 15 ans | 16 ans | 17 ans | 18 ans | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 12 ans | Oui | Oui | Oui | Non | Non | Non | Non |
| 13 ans | Oui | Oui | Oui | Oui | Non | Non | Non |
| 14 ans | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| 15 ans | Non | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| 16 ans | Non | Non | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| 17 ans | Non | Non | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| 18 ans | Non | Non | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| 19 ans | Non | Non | Oui | Oui | Oui | Oui | Oui |
| 20 ans | Non | Non | Non | Oui | Oui | Oui | Oui |
| 21 ans et + | Non | Non | Non | Non | Oui | Oui | Oui |
Bonnie N. Worthen, david n. Cox, Elizabeth M. Saewyc, «Age of sexual consent law in Canada: Population-based evidence for law and policy» (2010), Vol. 19 (3), The Canadian Journal of Human Sexuality.
Être d’accord ou désirer
Quand on consent à faire quelque chose, ça peut vouloir dire qu’on est :
- D’accord de le faire
- Qu’on désire le faire
C’est normal de parfois faire des choses qu’on ne désire pas, mais plutôt pour faire plaisir à quelqu’un qu’on apprécie. Par ex., préparer un repas que tu n’aimes pas pour célébrer la fête de ton frère ou plier les vêtements parce que tu sais que ça fera plaisir à ta mère. Dans ces cas-là, tu es d’accord de faire quelque chose, même si ce n’est pas quelque chose que tu désires personnellement.
La même chose s’applique dans les relations sexuelles. Par exemple, tu peux être d’accord que ton ou ta partenaire caresse une partie de ton corps, même si ce n’est pas un désir que tu as. L’important est de connaître et exprimer tes limites. Ta sécurité et ton bien-être sont plus importants que les désirs de ton ou ta partenaire. C’est aussi ta responsabilité de respecter que la sécurité et le bien-être de ton ou ta partenaire soient plus importants que tes désirs.
Pour en savoir plus, consulte la page Désirs et limites sexuelles.
Ce qui annule le consentement
Certaines paroles et certains comportements viennent invalider le consentement. Évite les gestes suivants et sois à l’affût de ces gestes chez les autres :
- Essayer de convaincre quelqu’un de dépasser ses limites
- Ignorer ce que l’autre personne communique
- Insister après un refus
- Utiliser des menaces
- Créer une situation où l’autre personne ne se sent pas en sécurité de refuser ou d’établir ses limites
- Faire du chantage émotif (par ex., si tu m’aimais vraiment, tu le ferais)
- Mettre de la pression basée sur les normes sociales ou ce que d’autres personnes acceptent de faire
- Faire du détournement cognitif ou gaslighting (par ex., si tu voulais pas avoir de sexe, tu n’aurais pas apporté de condoms)
- Mentir pour convaincre (par ex., mentir sur ton âge)
Une fois qu’une limite a été communiquée, le rôle de l’autre personne est de respecter, pas de convaincre. Mettre de la pression, quelle qu’elle soit, réduirait la capacité de l’autre personne de faire un réel choix et ferait en sorte que l’expérience ne serait plus positive pour elle.